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Gros
plan sur L'Association Tébéniketé (Bénin)
Visite effectuée en mai 2003
Le
mois de mai ne semble pas être la meilleure saison pour se
rendre dans l'extrême nord du Bénin, en tout cas pas
pour le voyageur sensible aux températures extrêmes.
Pourtant cette saison chaude à l'avantage d'être sèche
ce qui éloigne pour un temps les insectes mais surtout facilite
grandement les déplacements. Les routes, tels que nous les
concevons, sont rares et même inexistantes.
Mais tout d'abord
un petit retour en arrière pour vous présenter les
Bétamaribé, car c'est ainsi que se nomment les habitants
de cette région à cheval sur le Bénin et le
Togo dans une région de savane dominée par les massifs
montagneux de l'Atacora. Venus de l'ouest ou du nord ouest, ils
ont toujours été réfractaires aux systèmes
politiques centralisés et à l'asservissement tant
des royaumes africains de cette partie du continent qu'à
l'administration coloniale.
Cette population
est attachée à l'équité et elle se caractérise
par une forte cohésion sociale. L'esprit communautaire y
reste primordial et c'est ainsi que tout le paysage est façonné
de manière à respecter les croyances, les volontés
d'indépendance, d'équilibre et d'unité de la
communauté.
Le village est
toujours construit suivant les règles du modèle initial
du village mythique de Linaba fondé par Kuiye, le dieu créateur.
Mais les habitations y sont dispersées, chaque tata étant
au-delà d'une portée de flèche du suivant,
l'ensemble étant toujours proche d'un point d'eau mais souvent
sur des flancs de colline afin de libérer un maximum de terre
cultivable.
C'est donc en
suivant de minuscules sentiers, plus adaptés au marcheur
qu'à notre véhicule fatigué que nous arrivons
finalement au village de notre ami Victor, responsable de l'association.
Peu d'activités en cette saison ou les travaux agricoles
n'ont pas encore débutés, néanmoins quelques
femmes, tout en discutant sur le pas de leur porte, tressent une
herbe séché aux beau reflets or. Nous allons enfin
comprendre le secret du tressage des bracelets Somba.
Il y a 15 ans,
cet artisanat était en voie de disparition. Tout comme des
espèces animales ou végétales disparaissent
chaque jour sur notre fragile planète, des techniques artisanales
sont parfois également victime de ce qu'on pourrait appeler
une certaine évolution.
La coopérative Tébénikété, créée
en ce temps, à su in extremis redonner vigueur à cette
tradition en voie d'oubli.
Grâce
à quelques réseaux de commerce équitable européens,
la coopérative a su lentement développer ces ventes
et aujourd'hui quelques 600 femmes sont devenues de véritables
moteurs de développement pour leur région. Si 2/3
du prix de vente des bijoux est versé directement aux membres,
le reste est investi dans une caisse commune qui servira au financement
de ressources communautaires : entretien de routes, réparation
de ponts, alphabétisation, formation artisanale et scolaire,
achat de moulins à mais villageois
Pour en revenir au tressage des bracelets, celui ci s'effectue à
partir d'une herbe appelée " patempaké ",
dont je ne réussirai pas à trouver la traduction Française.
Celle ci est récoltée après la saison des pluies,
elle peut atteindre une hauteur de plus d'un mètre, mais
seul le coeur des tiges sur quelques centimètres en dessous
de la fleur est utilisable pour fabriquer des bijoux. On les trie
ensuite selon leur grosseur, puis on tresse les tiges par 8, un
travail délicat et difficile car aucune tige ne doit se casser.
C'est un travail long et minutieux, entièrement fait à
la main.
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